Ce jour là.

14 février 2018

Hello Hello ici !

Je prends enfin le temps de poser les mots et de vous raconter un peu plus en détail mon accouchement… Je vous avais raconté celui de Swann au tout début du blog, du coup il était normal pour moi de partager avec vous la naissance d’Adèle. Bon, je vous l’accorde ça commence à remonter… et oui, maintenant Adèle est plus proche des 1 an que de sa venue au monde… mais c’est pas grave, il n’est jamais trop tard pour raconter ce genre de chose & en plus, j’adore lire des récits d’accouchement. C’est partie.

 

Commençons par poser le décor.
Un peu avant mon sixième mois, ma gastro-enterologue (ouais super glam’) me dit, que par rapport aux petits soucis d’intestins que je rencontre, il serait plus judicieux de voir avec mon gynécologue pour faire une césarienne. Pourquoi ? Pour éviter de pousser… Bref, moi qui était suivi jusqu’à présent par une sage-femme, il a fallut que je me fasse suivre par un gynécologue et oui « pathologie spécifique ». Voilà, le décor est posé, là comme ça, vous comprendrez mieux.

Mon gynéco, lui était plutôt d’accord avec ma gastro (zut…). De plus, comme pour Swann j’avais déjà une césarienne, d’urgence qui plus est… dépassement de terme, toussa, toussa il a donc fait cette conclusion « On va vous éviter le dépassement de terme inutile, on va programmer votre césarienne 10 jours avant! » et donc 10 jours avant mon terme, ça donnait grosso merdo le lundi 3 juillet, ouais 11 jours avant. Et pour l’anecdote, ce jour là, c’est l’anniversaire de mon papa. Donc je trouvais que c’était bien, un signe. Bon sinon, c’était le vendredi d’avant mais Swann ayant sa kermesse le 1 juillet, je m’étais dit qu’il fallait profiter de cet évènement pour être avec qu’elle ensemble avant l’arrivée d’Adèle. Dans ma tête, tout était plié. C’était très bien ainsi… même si je l’avoue, j’étais plutôt déçue de cette césarienne programmée car j’espérai pouvoir accoucher par voie naturelle après la césarienne que j’avais eu pour Swann…. Mais les choses n’étaient pas prévues comme cela.

Dans la nuit de dimanche à lundi 25 juin, vers 4h, je me réveille. Je ne sais pas pourquoi, au lieu d’allumer la lumière de chevet, je me lève pour allumer la « grande » lumière… chose que je ne fais jamais en pleine nuit. Je me pose au milieu de la chambre, regarde le lit, je vois qu’il est trempé. Oui oui, trempé ! J’ai perdu les eaux mais sur le coups, je ne percute pas… Je regarde mes pieds, trempés. Oops. J’attrape mon téléphone, regarde l’heure : 4H03 du matin. Je retire le mode avion de mon iPhone pour appeler Antoine rapidement, il doit être encore sur la route pour aller au travail. « Allo? Allo? Antoine? » lui me répond « t’es déjà debout? ». Je lui dis « j’ai perdu les eaux ! rentre » – « ah ? t’es sure? je suis avant la voie express, je fais demi-tour, j’arrive! ». Je raccroche. J’appelle ma belle-maman « Oui, Myriam… (oui?) j’ai perdu les eaux » – « quoiiii? ok! vous me déposez Swann? » voilà. Ca s’est fait! Je balance mon téléphone sur le lit (là, ou s’est pas mouillé évidemment hein). Là, je me dis : merde, mais qu’est-ce que je dois faire? Car avec le recul, je me suis rendue compte que j’avais pas fait les cours de prépa pour cette grossesse et les derniers que j’avais eu…. bah ça datait de Swann. Autant dire que je me souvenais pas vraiment.

Je me bouge, je dois me préparer à partir à la maternité. Chose que je n’avais pas imaginé de cette façon là. Je me dirige vers les wc « mais est-ce que j’ai le droit de faire pipi? » (ouais je me suis posée de grandes questions…!). Je baisse ma culotte et là, chute du Niagara ! Ya pas de doute avec tout ça, j’ai bien perdu les eaux, on me suit à la trace. Je retourne dans ma chambre, me poste devant mon dressing et demande ce que je vais porter pour aller jusque la maternité?  (encore une question essentielle…. 🤣). Un pantalon ? Non il va être mouillé en 2/2 ! Une robe ! Je cherche ma robe la plus simple et la plus confortable, je la trouve pas… Shit, elle doit être à laver! grrr. Bon, bah allé, une jupe, la première qui vient! Antoine arrive, je l’entends monté les escaliers à toute vitesse. Il se met à côté de moi, regarde partout autour et me sort « on te suit à la trace là! » Il dévale les escaliers, puis remonte… avec la serpillère et le seau à la main ! Non, mais lui alors…. Irrécupérable, je te jure. Je m’habille, prépare mes dernières affaires, pendant que lui serpille…!

On réveille Swann, l’installe dans la voiture. Antoine m’avait préparé ma place, je pourrai dire « bâcher » ma place… haha. Tout le monde en voiture, on dépose Swann en passant chez la maman d’Antoine et hop, route vers la maternité. 15 minutes de voiture plus tard, nous voilà devant la maternité. Cette sensation de couler en permanence n’est vraiment pas agréable. Je me dis « heureusement qu’on est en juin, tiens!« . A l’interphone, une sage-femme nous invite à monter. Quelqu’un arrive, nous place en salle d’exam. Une femme arrive. « Je vais vous examiner, vérifier que c’est bien du liquide ». Avec Antoine on se regarde, on rigole. J’avoue que la suite ne m’a pas vraiment plu « effectivement, vous avez bien rompu, le test est positif. Par contre, je comprends pas comment c’est possible, vous êtes a à peine 1″…. SU-PER! Bah tu sais pas comment j’ai fait ? j’ai prit une aiguille à tricoter et j’y suis allée franco! pfff non, mais franchement.

Une autre personne arrive, elle va nous conduire dans une chambre, en nous disant qu’une sage-femme va venir nous expliquer la suite. Je découvre donc ma chambre pour les prochains jours… combien ? ça, je ne le savais pas… L’équipe et la SF ne passeront pas avant quelques heures, avec Antoine on se dit qu’il faut en profiter pour dormir. Vers 7h, une SF vient me voir. Et m’explique que comme la poche des eaux est rompue, ils vont me garder (ça, je le savais!), qu’au bout de 24 heures, si toujours rien, on me mettrait sous antibiotiques pour éviter le moindre risque d’infections. Elle m’explique aussi, que  souvent quand on perd les eaux sans contractions, le travail peut mettre du temps à se mettre en route… que je vais devoir être patiente surtout que j’étais qu’à 1 quand je suis arrivée… Elle me dit aussi que la gynécologue de garde choisira peut-être de me faire une césarienne dans la journée, mais qu’elle ne pouvait pas s’avancer pour elle. On attendra le verdict un peu plus tard dans la matinée.

Vers 9h30, l’équipe arrive pour débriefer de mon cas.
La gynéco est super ! Déjà ouf, c’est important. Elle me dit « Madame, vous aviez une césarienne programmée lundi prochain, mais vu que vous avez perdu les eaux, ça veut dire qu’un éventuel travail va se mettre en route. Alors, ce matin, je vous laisse le choix entre vous laissez une chance de vous mettre en travail OU césarienne en début d’après-midi? Je vous laisse réfléchir 3 min ». Je regarde Antoine, un peu paniqué. Je ne sais pas trop quoi faire. Je me dis que oui, si je peux avoir un accouchement naturel, je préfèrerai… au pire, c’est qu’une journée de plus à patienter, ce n’est pas grand chose. Je dis à la gygy qu’on se laisse jusque demain. Elle m’explique qu’il ne faut surtout pas hésiter de bouger, aller me balader dans l’hôpital, monter/descendre les escaliers, etc.

Je me bouge donc, je crois que j’ai jamais vu autant l’hôpital que ce lundi 25 juin. Heureusement, j’ai le droit de manger, ouf! L’après-midi, je demande a avoir un ballon pour faire des mouvements de bassin et aider bébé à descendre. Je sais aussi qu’il ya plusieurs SF qui pratique l’acuponcture, je demande qu’une d’elles viennent me poser quelques aiguilles. J’ai du me reprendre à 3 fois pour avoir ce foutu ballon, à croire que personne voulait que cela se mette en route.

Niveau contractions? Une par heure ! haha j’étais vachement avancée hein ? Et puis à la maternité où j’ai accouché, quand on perd les eaux, bah… on vous ausculte pas à tout va. Alors d’un côté, c’est bien hin. Mais de l’autre bah, c’est chiant haha…. La journée passe, mais côté bébé RAS, à mon grand désespoir. On discute avec Antoine, je lui dis d’aller voir Swann chez ses parents, lui me dit qu’il revient me voir le soir. Je suis restée quelques heures seule dans ma chambre, ou à faire le tour de la maternité… Je me dis que demain, j’aurai ma césarienne. Antoine revient vers 19h30. On discute un peu, histoire de penser à autre chose. Il repart vers 21h. Et là, ça m’a foutu le bourdon de me retrouver de nouveau seule dans cette chambre, le soir. Savoir que je vais dormir toute seule et que le lendemain, j’aurai une césa… l’angoisse !

Vers 23h20, la sage-femme de nuit vient me voir. Elle m’apporte la bétadine pour ma douche, me dit qu’il faut qu’à partir de minuit je sois à jeun pour demain. Je m’exécute, je mange un dernier petit truc, bois un coup, pour la douche je ferai ça au petit matin. Je m’installe dans mon lit, iPad  & Netflix pour me changer les idées. Sauf que ça n’a pas duré longtemps, 00h20… contractions ! oops, mais c’est qu’elles me font mal celles-ci. Je me dis « Bon toute façon, je vois pas pourquoi ça se mettrait en route maintenant ». Je commence un film… mais, je me rappelle même plus du quel… bah non,  j’ai eu trop de contractions ! MERDEEEE, ça fait mal. Clairement, là, en l’espace d’une heure, j’ai carrément douillé et senti surtout les contractions s’accentuées et devenir de plus en plus douloureuses. 5ans en arrière, j’aurai été dans cette situation, comprenez là, pour l’accouchement de Swann. J’aurai prit mon téléphone direct et dis à Antoine de rappliquer fissa ! Mais, nous voilà, 5 ans plus tard. Déjà maman, maman a muri et a apprit a ne plus s’écouter ! et donc, tout ça pour dire, que j’ai souffert SEULE. Je n’ai pas appelé Antoine, de toute façon, qu’est-ce qu’il aurait pu faire pour moi ? Rien. On est bien d’accord.

Au bout d’une heure et demie, j’en peux plus. J’appelle la sage-femme. 5 min plus tard, la voici. Je lui explique. Elle me dit qu’elle ne peut pas faire grand chose pour moi. Elle me donne des conseils… que je connais déjà : la douche chaude, le ballon, marcher. Elle repart. Je ne suis pas soulagée et je dois prendre mon mal en patience. J’alterne entre la douche et les wc. Oui, oui, les chiottes. Les contractions me broient les intestins, je vous laisse imaginer ce qui se passait… J’en pouvais plus, sincèrement. Je rappelle la sage-femme. Elle me pose un monito. Les 30 minutes les plus longues de ma vie, je crois bien. Un supplice de ne pas pouvoir bouger, devoir rester allongée… pff une horreur !

J’ai souffert comme ça toute la nuit. Sans qu’on puisse me soulager.
5h. La sage-femme revient après un énième coup de fil de ma part, mais en pleure pour ce dernier. Elle me dit qu’elle va me faire passer dans la perfusion du nubain, c’est un antidouleur plutôt fort, mais bien dosé, bébé ne risque rien. Elle me dit que cela va me permettre de dormir, que je vais être soulager pendant 2 heures. ALLEEEELUIA ! Elle m’installe dans mon lit, installe le produit. C’est partie. Je me suis sentie complètement à l’ouest, mais j’ai pu effectivement dormir, me reposer pendant deux heures… Après ce début de nuit merdique, c’était bienvenue.

7h. La sage-femme revient me voir pour savoir comment ça va. Je suis encore dans les vapes, les douleurs reviennent… mais en « sourdine ». Elle me dit qu’elle va rapporter ma nuit à l’équipe de jour. Je lui supplie de m’examiner, de regarder mon col, pour voir si tout ça à servi à « quelque chose ». Elle répond, qu’elle n’ausculte pas systématiquement à cause des risques d’infection vu que j’ai rompu la poche des eaux. Elle voit ma déception dans mes yeux, les larmes montent à nouveau… elle me dit qu’elle va regardé. Nouvelle déception : mon col n’a pas vraiment bougé ! J’étais dépitée… vraiment. Après son départ, je prends le temps de prévenir Antoine, qu’il faut qu’il vienne au plus vite, car je veux qu’il soit là lors du passage de l’équipe.

Antoine arrive un peu avant 9h, l’équipe arrive un peu après lui. Pas de gynécologue en vue. La sage-femme me dit : « (…) vu que vous vous êtes mit en travail, la gynécologue souhaite vous passé, si ça vous convient en salle de naissance, on va vous aider un peu pour que le travail se lance pleinement, vous pourrez également avoir une péridurale, on y va ? » J’y croyais pas. Sincèrement, après l’exam de ce matin tôt, j’y croyais plus. Je m’étais dis, hop hop césarienne dans la matinée et c’est fait. Bah non. Après, je dois dire que quand on m’a dit « on va vous passer en salle de naissance » je me suis dis c’est qu’ils sont confiants, qu’ils vont tout faire pour que je puisse accoucher par voie basse (MON RÊVE!). Je prends mon sac, les affaires d’Adèle, de quoi patienter. Et nous voilà en route vers la salle de naissance, un petit pic de stress… Le déplacement de ma chambre à la salle m’a paru looong !

Je m’assois sur le bord du lit, Antoine pose nos affaires, commence à checker autour de lui… et une sage-femme vient nous voir en se présentant « bonjour, je suis Emma, je vais m’occuper de vous, mais pas dans cette salle, suivez-moi ». Première impression : elle a l’air super gentille. Elle nous conduit dans une pièce voisine et là quoi ? La salle « Rose ». La même que pour Swann 5 ans auparavant ! Un signe ? Merde, j’ai pas eu un super accouchement pour elle… Non, juste un clin d’œil. Emma nous dit de nous mettre à l’aise, de m’installer sur le lit. Et me demande comment je vais. Je lui dis quoi ? La vérité ? Ouaaais c’est son job. Je lui raconte ma nuit pourrie, mon souhait d’accoucher par voie basse suite à ma première césarienne. Elle est super à l’écoute et positive à fond en me disant qu’on ferait tout ce qu’il faut pour que ça se passe comme je le souhaite.

Emma est d’une gentillesse et d’une douceur, vraiment c’était malgré la douleur et la fatigue un super moment partagé. Tellement que quand est arrivé 20H… l’heure du changement d’équipe, j’étais dégoutée que ce ne soit pas elle qui s’occupe de la naissance d’Adèle. Et oui, car depuis le matin où je suis arrivée dans la salle « Rose », rien ne s’est vraiment passé. Enfin si ! de 2 doigts, je suis passée à 5 rapidement (même scénario que pour Swann, tiens….) et après plus rien, on reste à 5 pendant des heures. Ce qui m’a valu un coup de stress et de grosses larmes en me disant que cela ferait le même résultat = césarienne. Emma a été super, a su utiliser les bons mots pour me redonner de l’énergie et de la motivation. Pendant toute la journée, on a fait des points d’acupuncture, de la gym, de la relaxation pour essayer de dormir pour reprendre des forces, etc. Puis, un peu après 20h, une fois la réunion de changement d’équipe faite, elle est revenue accompagnée de la collègue qui allait prendre sa suite. Une Emmanuelle aussi (oui car Emma, c’était Emmanuelle !), toute douce aussi et surtout bienveillante. Elle m’a examiné pour savoir où nous en étions : toujours à 5 à 21H. Moé. Ca pue ça quand même.

Je commence à être vraiment rincée… j’ai faim, j’ai soif, je suis fatiguée, j’en ai marre d’être sur ce lit. Je deviens silencieuse sur les réseaux sociaux, car la pression des messages  » alors ?  » « ah ! si tu réponds plus c’est que tu accouches ! » me donnait qu’une envie : pleurer. Un accouchement c’est loin d’être rose. Tout n’est pas comme dans les films et non…

Mais heureusement, encore une fois j’étais bien entourée avec l’équipe médicale, Emmanuelle mais aussi l’anesthésiste et son infirmier avec qui j’ai tenté l’humour… en lui disant que j’espérais pas le revoir trop souvent. Râpé.

L’horloge tourne. Antoine fatigue aussi. Il est démunie en face de moi. Il aimerait pouvoir faire plus, comme beaucoup… mais pas grand chose à faire malheureusement. Et là, d’un coup vers 21H30/22H, il me dit « merde, Malin (notre chien) a pas mangé… ! » d’un commun accord, il va à la maison pour s’occuper de Malin. Puis se reposer aussi un peu à la maison. Car faut avouer que chez soi & la maternité, c’est pas la même chose. Je lui ferai signe quand ça bougera. En partant, je lui dis bien « NE QUITTE PAS TON IPHONE, METS BIEN LA SONNERIE ! » il acquiesce et finissant par un « évidemment et je t’aime hein ».

Une fois la porte fermée, je me sens seule. Coup de mou.
Emmanuelle revient, m’ausculte… elle est soucieuse, je le vois à son visage. Elle me dit que je suis « encore » à 5 cm. Mais qu’elle n’arrive pas à savoir si c’est 5, toujours 5 ou 5 un plus que 5… qu’elle va demander au gynécologue de garde de venir m’examiner, avec son regard « extérieur » il me dira ce qu’il en est. « Pour le moment, il est au bloc pour une césarienne, mais il arrive après ». Pendant ce temps là, elle me pose un monito directement sur le col, j’avais jamais vu ça.

Il est 1h35. Dr. Gygy arrive. Me questionne sur le parcours jusqu’ici. M’ausculte. « Ouais, là on est toujours à 5 cm, ça fait depuis trop longtemps, c’est parce qu’il y a un bourrelet sur le col, c’est comme ça, on peut pas faire plus que ça dans le sens où vous avez un utérus cicatriciel, on peut pas pousser plus sur l’aide médical. Votre utérus ne le supporterait pas. » Silence. Il retire ses gants, se lave les mains. Et continue « vous aurez donc une deuxième césarienne… pas de panique ya pas d’urgence, on va s’installer tranquillement ». Il quitte la salle. Emmanuelle est toujours auprès de moi. Je m’effondre. C’est un tout. Je me dis merde, on m’a proposé la césarienne lundi après-midi, j’aurai du dire oui ! J’aurai déjà mon bébé dans mes bras… Mais au lieu de ça, je suis là, à pleurer de fatigue, de stress, de ras-le-bol. Et encore une fois Emmanuelle trouve les mots juste pour me réconforter. Elle m’encourage en me disant que j’ai tout fait pour qu’Adèle puisse prendre le « toboggan », que je n’ai pas à m’en vouloir. Que cette histoire de bourrelet c’est la faute à pas de chance… elle conclue par « en plus, vous avez garder le sourire tout du long alors que vous êtes là depuis un moment, malgré le fait que je vous fasse vous contorsionner ! ». Elle me rassure aussi sur le fait que le gynéco de garde est rapide et bon pour les césariennes, il était chirurgien avant d’arriver en gynécologie… Elle quitte la pièce à son tour, je préviens enfin Antoine qui me dit qu’il se dépêche à arriver.

Je ne sais pas dire quelle heure il est, mais l’infirmier anesthésiste arrive pour préparer la dose de cheval pour le bloc. Et après l’anesthésiste entre à son tour et elle prend encore une fois le temps de tout m’expliquer, pendant ce temps là, je suis sondée pour après… tout se passe très vite, j’angoisse de voir tout le monde s’affairer comme ça autour de moi… une sensation de déjà vu (et oui, pour Swann même scénario…). On me brancarde dans le couloir, j’aperçois Antoine qui arrive, la sage-femme me fait signe qu’elle va l’aider à se préparer et qu’il me rejoint ensuite. Je revois ce bloc, si froid… l’angoisse monte encore d’un cran. On me passe de « mon » lit à la table. « écartez-les bras », je suis pas bien encore une fois, j’ai envie de pleurer, c’est pas ce que je voulais. Je suis fatiguée, je veux tout arrêter. Antoine s’assoit à côté de moi… re-sensation de déjà vu… grrr. « On y va » bouh… je grelotte. J’essaie de prendre sur moi, ça va aller, tout va bien se passer. Ca va effectivement assez vite. 2h19, Adèle pleure ! La sage-femme arrive rapidement avec Adèle de l’autre côté du drap et me la présente. Le premier truc qui me vient et que je dis « On dirait Swann !!!! » et contrairement à Swann où ils sont repartis avec elle vite, j’ai eu le temps de regarder Adèle.

Antoine accompagne Adèle et la sage-femme pour les premiers soins. Je me retrouve de nouveau « seule », le pire souvenir que j’avais de ma première césarienne. Panique à bord. Comme la première fois, je regarde derrière moi, l’infirmier anesthésiste. « Je me sens pas bien, vous pouvez rester là, me donner la main ? » il me répond gentiment qu’il peut pas, mais qu’il va me trouver quelqu’un de gentil pour ça, une infirmière arrive avec un grand sourire, se présente (je me rappelle pas de son prénom…. mais c’était un nom pas vraiment courant !) et elle a été d’une douceur, me parler de tout de rien. Elle m’a fait parler de ma famille, de choses agréables, ça m’a fait du bien. « Voilà Madame c’est terminé ».

Contrairement à l’époque de Swann, où j’avais été ramené en salle de naissance pour la surveillance, j’ai été conduite dans la salle de réveil… toute seule, en pleine nuit. Mon stress que j’espérais voir s’en aller est resté et a empirer ! J’arrivais pas à me calmer, l’angoisse, l’angoisse, l’angoisse. Je suis juste à côté de la pendule, je vois le temps passé, mais pas Antoine, ni Adèle revenir vers moi. Je demande au « surveillant » de la salle de réveil de venir me voir « serait-il possible d’avoir un calmant, je fais une crise d’angoisse qui ne passe pas…. ? » – « Vous comptez allaiter ? » et ouais…. c’est vrai ! « Je ne peux donc rien vous donner Madame ». Le temps passent… je commence à m’inquiéter. Puis enfin, je vois du mouvement dans le couloir, la porte s’ouvre, c’est la sage-femme, Antoine & Adèle. ENFIN. Je suis toujours angoissée mais les voir arriver me dit que je vais aller mieux.

Adèle a un petit capteur sur le pied, la sage-femme m’explique que c’est pour voir son temps de récupération car elle a été un peu secouée sur la fin. Elle me dit aussi qu’ils l’ont « aspiré » pour l’aider. Elle m’installe Adèle au sein, première tétée… Antoine est bien silencieux, la fatigue n’aide en rien. Emmanuelle s’éclipse pour nous laisser un moment tous les 3. Antoine me fait un topo sur les soins qu’Adèle a reçu, que ça a été long car elle a eu le droit à son premier shampoing. Et qu’apparemment y a eu un accouchement un peu compliqué à côté à gérer. Bref, le principal c’est qu’ils soient là tous les deux. Ce moment passe assez vite. La SF revient, me dit qu’elle reprend Adèle et qu’on va m’accompagner dans ma chambre.

Il est environ 5h/5h30. Me voilà dans ma chambre, Adèle dans son petit berceau à côté de moi. Antoine m’embrasse, puis rentre à la maison pour dormir quelques heures avant de revenir. Et voilà comment j’ai eu un accouchement avec des montagnes russes de « je vais accoucher par voie basse » à « ce sera césarienne ». C’était long, intense mais la récompense au bout de tout ça : Adèle. Ma toute petite.

Enfin, j’ai « pondu » mon récit d’accouchement. Je ne sais pas si certaines se reconnaitront dans mon récit, mais un accouchement long c’est vraiment pas évident à gérer. Mais c’est fait comme on dit. Mais clairement on ne me reprendra pour un petit troisième clairement, je suis vaccinée !

 

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2 Comments

  • Lena

    16 février 2018 at 5 h 05 min

    Je me reconnais tellement dans ce que tu decris… un an apres jy repense toujours. Je ne sais pas si je pourrais revivre ca une deuxieme fois…

    1. Margaux

      16 février 2018 at 9 h 21 min

      Coucou Lena,
      Je me suis dis la même chose après mon premier accouchement puis finalement, l’envie d’un deuxieme bébé à été plus forte que ce mauvais souvenir… le temps permet d’accepter & de recommencer et puis, peut-être que tu auras un bel accouchement, c’est une solution possible ! 🙂

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